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Guerre hybride et guerre classique

Jean-François Cavin
La Nation n° 2310 24 juillet 2026

Les guerres actuelles, hélas meurtrières et destructrices, sont aussi sources de leçons politiques et militaires.

Politiques: on en noircirait des dizaines d’ouvrages. Contentons-nous ici de constater que les puissants peuvent se tromper, peut-être même davantage que les autres. Poutine, qui croyait avaler l’Ukraine, s’y enlise. Trump, qui croyait renverser le régime de Téhéran, est loin d’une victoire. Mais, puisqu’ils sont puissants, ils font des dégâts considérables.

En matière militaire, celui qui n’a pas les compétences d’un stratège galonné se gardera de trop amples conclusions. Mais deux choses semblent claires. Premièrement, la guerre hybride, avec ses drones, ses cyberattaques, sa désinformation, ses armes économiques, est devenue une reine des batailles; le Conseil fédéral a raison de l’élever dans ses priorités. Ensuite, malgré cela, une guerre se gagne au sol; les Américains, échaudés par le Vietnam, la Somalie et l’Afghanistan, n’ont pas voulu s’y engager en Iran, et l’Iran n’est pas battu. La Suisse, dont l’infanterie et les blindés sont mal en point, ne doit pas négliger les forces traditionnelles.

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