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Pas de TVA pour l'AVS

Félicien Monnier
La Nation n° 2317 30 octobre 2026

La Ligue vaudoise avait refusé la 13e rente, notamment parce que l’initiative des syndicats et de la gauche ne réglait pas le financement de la réforme. L’élan de générosité auquel elle proposait au souverain de s’abandonner se doublait d’un immédiat élan d’irresponsabilité. «Après moi le déluge.»

Toutes les générations subissent la baisse du pouvoir d’achat. Utiliser le levier de l’AVS pour augmenter celui des plus de 65 ans revenait à prioriser le soutien aux anciennes générations sur celui aux actifs. Dans un contexte où les moyens de ces derniers diminuent, cette priorisation hypothéquait d’autant plus la marge de manœuvre étatique. Alors qu’une augmentation de l’âge de la retraite est à terme inéluctable, les plus jeunes ont eu le sentiment de se faire avoir.

Cyniquement, certains se sont rassurés à l’idée qu’une part du financement de l’AVS était portée par les 30% d’étrangers que compte la population active, avec l’espoir qu’une partie rentrera au pays pour sa propre retraite, avec ou sans rente AVS. Cette approche dépeint une Suisse en voie de “koweitisation” où des nationaux minoritaires conservent le pouvoir politique pour s’octroyer des avantages sociaux. La perspective d’appartenir à une oligarchie d’assistés ne fait pourtant pas particulièrement rêver.

Le 29 novembre, nous voterons sur une augmentation de la TVA pour financer la 13e rente; cette dernière devant coûter entre 4 et 5 milliards. L’augmentation prévue de 0,4 points portera la TVA à 8.5%, mais ne devrait rapporter que 1,5 milliard. Il faut en plus la mettre en parallèle avec l’augmentation de TVA envisagée pour financer l’armée. Il existe aujourd’hui une préoccupante tendance fédérale à recourir à cet impôt indirect pour financer les nouvelles dépenses. Cela motive l’idée qu’une augmentation de TVA serait moins douloureuse qu’une augmentation des impôts directs, tout en ne touchant que les plus fortunés. Elle est surtout moins visible, mais son impact sur l’économie et le commerce ne fait pas de doute. Symboliquement, augmenter le prix des biens qui ne sont pas de première nécessité creuse le fossé social en les rendant encore moins accessibles.

La principale faiblesse de la réforme est sa dimension partielle. Dans un interview donné à 24 heures le 27 septembre dernier, le conseiller national genevois Cyril Aellen dénonçait la volonté du Parlement de gagner du temps, avant que ne se pose la seule vraie solution envisageable: augmenter la durée de cotisation. On ne rappelle jamais assez que lors de la création de l’AVS en 1946, l’espérance de vie à la naissance des hommes suisses était de 65 ans, et celle des femmes de 67 ans. Aujourd’hui, elle est, selon l’OFS, de 81 et 85 ans. Le système n’a pas été conçu pour absorber un aussi grand nombre de rentiers.

Il y a comme un arrière-goût de scandale générationnel à l’idée que les bénéficiaires actuels se soient satisfaits de laisser le financement de l’AVS comme fardeau à leurs successeurs.

Nous voterons NON à l’augmentation de la TVA le 29 novembre.

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