Néolibéralisme, quésaco?
Le terme néolibéralisme revient plus ou moins régulièrement dans les débats politiques, sans que son sens soit clairement établi. Certains auteurs considèrent qu’il n’y a pas de rupture par rapport au libéralisme classique, mais que ce dernier s’est simplement développé. D’autres, comme Barbara Stiegler, identifient une modification plus importante, survenue à partir des années 1930.
A cette époque, le libéralisme était confronté à de nombreuses remises en cause: la catastrophique crise de 1929, la révolution théorique de Keynes, le retour de l’intervention étatique avec le New Deal et l’apparition de nouveaux régimes – communisme, fascisme ou nazisme. Dans ce contexte, des auteurs libéraux se réunirent et rénovèrent la pensée libérale, pour la défendre. Le colloque Walter Lippmann de 1938 à Paris demeure la date emblématique de ce mouvement.
Deux grandes réactions virent le jour face aux difficultés du libéralisme. Une première, qu’on pourrait qualifier d’ultralibéralisme, consistait à renforcer la logique du retrait de l’Etat de toute intervention économique.
La seconde, le néolibéralisme et sa variante allemande l’ordolibéralisme, considérait que les libéraux classiques s’étaient trompés en pensant que le marché optimal surgissait naturellement et se développait simplement en limitant les interventions de l’Etat. Ayant compris que le marché rêvé n’était pas un phénomène naturel, les néolibéraux en vinrent à considérer qu’il était nécessaire que l’Etat intervienne pour créer les conditions nécessaires au libre marché et gérer les règles le faisant fonctionner. L’éducation devait, quant à elle, former des individus conformes à l’idéal de l’homo œconomicus.
C’est ce changement d’approche vis-à-vis du rôle de l’Etat et de l’apparition du marché qui peut permettre de caractériser le néolibéralisme. Une forte intervention étatique constante pour faire exister au mieux le marché et étendre sa logique.
Au sommaire de cette même édition de La Nation:
- 31 milliards pour l'armée – Editorial, Félicien Monnier
- La dégénérescence du polar – Jean-François Cavin
- Deux médailles vaudoises aux Jeux – Chronique vaudoise, Antoine Rochat
- Catherine Colomb – Les maisons et leurs secrets – Yannick Escher
- Les Cahiers de la Renaissance vaudoise ont cent ans - Les Contrepoisons – Yves Gerhard
- Neutre ou pas neutre? – Olivier Delacrétaz
- Le Cas Rasco – Lars Klawonn
- Le creux de la 10e – Cédric Cossy
- La vérité en pagaille – Jacques Perrin
- Au four ou au turbin? – Le Coin du Ronchon
